<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Entretien &#8211; Les intégristes</title>
	<atom:link href="/categorie/entretien/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>/</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Thu, 31 Mar 2016 16:44:02 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.0</generator>
	<item>
		<title>Web design et processus : entretien avec Raphaël Bastide</title>
		<link>/2011/07/01/web-design-et-processus-entretien-avec-raphael-bastide/</link>
					<comments>/2011/07/01/web-design-et-processus-entretien-avec-raphael-bastide/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Bertet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Jul 2011 07:04:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<guid isPermaLink="false">/?p=1869</guid>

					<description><![CDATA[Raphaël Bastide a une approche singulière de la conception Web. Ses différentes expériences lui ont permis d’acquérir une double culture graphique / hacking très riche et diversifiée. Nous échangeons régulièrement à propos du Web et de son évolution, d’idées, de révolution ; cette relation influence aussi fortement mon propre travail de développeur Web. Je lui ai proposé cet entretien pour essayer de définir l’indéfinissable, d’y voir plus clair dans cette manière particulière de concevoir et de s’approprier les projets qu’il réalise.
Peux-tu te présenter rapidement ?
On peut résumer mes années d’études à deux ans de DUT réseaux et communication&#160;[&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://www.raphaelbastide.com/">Raphaël Bastide</a> a une approche singulière de la conception Web. Ses différentes expériences lui ont permis d’acquérir une double culture graphique / hacking très riche et diversifiée. Nous échangeons régulièrement à propos du Web et de son évolution, d’idées, de révolution ; cette relation influence aussi fortement mon propre travail de développeur Web. Je lui ai proposé cet entretien pour essayer de définir l’indéfinissable, d’y voir plus clair dans cette manière particulière de concevoir et de s’approprier les projets qu’il réalise.</em></p>
<h2>Peux-tu te présenter rapidement ?</h2>
<p>On peut résumer mes années d’études à deux ans de DUT réseaux et communication après un bac scientifique, deux ans dans une école de design assez quelconque, et deux ans dans une école d’art (l’ERG à Bruxelles) en arts numériques et typographie. Ce sont ces dernières années en Belgique qui m’ont ouvert au libre, à l’art en ligne, et qui ont renforcé mes connaissances en création Web. Mon profil peut sembler assez étrange mais il sera sans doute de moins en moins rare, bien que je sois incapable de lui donner un titre précis. Je me situerais quelque part entre le design graphique, l’artisanat, les arts numériques, le hack et la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_libre">culture libre</a>.</p>
<p>Je travaille en freelance et depuis quelque temps je concentre mon activité professionnelle sur le Web design, d&rsquo;abord parce que c’est par le Web que j’ai commencé le design, ensuite car l’état actuel du médium me semble favorable à l’innovation : j’aime quand les choses ne sont pas complètement établies.</p>
<h2>Comment perçois-tu le Web design actuel ?</h2>
<p>On vient de passer d’une période où il fallait sans cesse combler des différences d’implémentations pour faire du Web, à la période actuelle où la liberté de création s&rsquo;émancipe enfin. C’est un bon moment pour commencer le métier : de nombreuses choses sont à venir et les monstres technologiques contraignants s’éteignent pour laisser la place à un Web plus flexible.</p>
<p>La technologie change, le processus de création doit lui aussi changer. Les designers doivent suivre l’évolution de leurs outils, être flexibles, passionnés et curieux. Il n’y a pas une seule méthode de création comme il n’y a pas une seule façon de répondre à une commande de Web design, surtout de nos jours. Globalement je trouve que les grilles sont encore très figées et tournent autour de quelques clichés :</p>
<p><img loading="lazy" src="/wp-content/uploads/2011/06/rb_layouts.png" alt="Grille répandue de nos jours" title="" width="434" height="139" class="aligncenter size-full wp-image-1896" srcset="/wp-content/uploads/2011/06/rb_layouts.png 434w, /wp-content/uploads/2011/06/rb_layouts-300x96.png 300w" sizes="(max-width: 434px) 100vw, 434px" /></p>
<p>Les technologies de mise en page nous permettent maintenant de penser multi-format, le même site doit pouvoir se décliner sur différents écrans (je pense entre autres aux CSS Media Queries) et donc nous libérer des mises en pages établies durant les premières décennies du Web. La plupart des sites d’information ou de services n’exploitent pour leur contenu &#8211; hors publicitaire &#8211; qu’une partie de l’écran. Il n’est pas nécessaire que les utilisateurs (re-)découvrent les applications en <a href="http://www.apple.com/fr/macosx/whats-new/full-screen.html">plein écran</a> pour penser des mises en pages souples et modulaires.</p>
<h2>Peux-tu parler de ton processus de création ?</h2>
<p>Aujourd’hui, un navigateur Web bien équipé (je pense notamment aux outils de développement intégrés ou disponibles sous forme d’extensions) peut surpasser une chaîne de logiciels propriétaires généralement utilisés pour le design de site Web. Il ne s’agit pas de remplacer les logiciels de conception Web « tout en un » ou « wysiwyg » tels qu’ils sont aujourd’hui : je ne m’en sers pas, il ne font qu’alourdir la tâche, le code généré, et sont un terrible frein à l’apprentissage. Je parle plutôt de conception Web directement du papier au navigateur, voire directement sur le navigateur en utilisant des outils de débuggage et un éditeur de texte. Je n’utilise en ce moment que le logiciel open source Inkscape lorsque c’est nécessaire. En plus d’être open source, il est un outil très précis et parfois mieux conçu qu’Illustrator : je pense aux filtres paramétrables, plugins, fontes SVG, édition SVG…</p>
<p>Mes recherches sont dans un premier temps graphiques et s’organisent autour d’une documentation selon la demande du client. Je travaille ensuite des maquettes de navigation en HTML et il arrive fréquemment que des modifications de structure ou d’ordre typographique viennent à changer au cours du développement du site. C’est une méthode qui peut comporter des risques mais qui laisse une grande place à la création. Je tiens aussi à ce que le résultat de mon travail parle de ce processus, les deux sont pour moi indissociables.</p>
<div id="attachment_1883" class="wp-caption aligncenter">
<a href="http://pablolondonosarria.com/"><img loading="lazy" src="/wp-content/uploads/2011/06/rb_pablo.jpg" alt="Site Web de Pablo LONDONO Sarria" title="Site Web de Pablo LONDONO Sarria" width="600" height="404" class="size-full wp-image-1891" srcset="/wp-content/uploads/2011/06/rb_pablo.jpg 600w, /wp-content/uploads/2011/06/rb_pablo-300x202.jpg 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a> </p>
<p class="wp-caption-text"><a href="http://pablolondonosarria.com/">Site Web de Pablo LONDONO Sarria</a></p>
</div>
<p>Je puise mon inspiration dans mon processus, étroitement lié à l’erreur. Je ne suis pas le seul designer à voir l’erreur comme une bénédiction. Il est intéressant de provoquer l’erreur à condition de savoir la cultiver. J’apprends chaque jours de nouvelles choses, je fouille, détourne et provoque, puis j’archive les résultats. Cette méthode est pour moi une source d’inspiration fertile et pérenne.</p>
<p>Il est important de partir sur de nouvelles bases avant la conception d’un projet Web, oubliant ce qui se fait pour adapter la demande à l’état des technologies Web. Prendre le recul nécessaire sur les tendances assurera la singularité et la qualité d’une idée. Il est nécessaire de penser au design d’une manière globale, sans que la technologie devienne prétexte. Elle ne doit que servir l’interface, c’est pourquoi le designer doit amorcer la réalisation, par exemple en participant à l’intégration.</p>
<p>Par conséquent, un Web designer doit savoir coder. Il ne s’agit pas de savoir programmer un site entier, de manière impeccable, de connaître les langages sur le bout des doigts, mais d&rsquo;être capable de livrer des maquettes fonctionnelles et de réaliser des sites simples. La conception et la réalisation se confondent, provoquant des accidents et un engagement graphique certain.</p>
<p>C’est en codant que le designer va trouver une inspiration neuve, concrète, détachée de ses logiciels préférés qui sont malheureusement devenus le <span lang="en">mainstream</span> du design ; générant ainsi des solutions identiques quel que soit le pays ou la culture, mais aussi une demande identique car beaucoup de gens ne veulent que ce qu’ils connaissent déjà.</p>
<p>J’ai retenu de l’école d’art que créer ses propres outils était une manière pertinente de se distinguer, cela sous-entend profiter de l’open source, améliorer des outils existants et partager ses recherches. Aujourd’hui par exemple, la typographie sur le Web profite largement de l’open source et décloisonne l’usage des polices systèmes. Les designers s’intéressent aux licences et aux technologies jusqu’au dessin typographique libre. Les designers deviennent un moteur de la création open source pour répondre à une demande croissante de polices diffusables sans restriction.</p>
<h2>Pourquoi refuser Photoshop ? Est-ce un choix éthique ?</h2>
<p>Pas seulement, je pourrais utiliser Gimp pour éviter Photoshop, mais c’est surtout parce que ces outils peuvent être écartés aujourd’hui. Ces outils de retouche d’image ne sont pas faits pour assurer tous les comportements de navigation et demandent du temps de travail supplémentaire. L’utilisation de Photoshop ou Gimp avait du sens quand on demandait à un Web designer de faire de l’image, maintenant beaucoup de gens préfèrent la simplicité fonctionnelle à la surcharge graphique.</p>
<div id="attachment_1883" class="wp-caption aligncenter">
<a href="http://aude-debout.fr/"><img loading="lazy" src="/wp-content/uploads/2011/06/rb_aude.jpg" alt="Site Web d’Aude Debout" title="Site Web d’Aude Debout" width="600" height="381" class="aligncenter size-full wp-image-1890" srcset="/wp-content/uploads/2011/06/rb_aude.jpg 600w, /wp-content/uploads/2011/06/rb_aude-300x190.jpg 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a> </p>
<p class="wp-caption-text"><a href="http://aude-debout.fr/">Site Web d’Aude Debout</a></p>
</div>
<h2>Quels sont tes clients et comment perçoivent-ils ton travail ?</h2>
<p>Je travaille principalement pour des projets culturels autour de l’art, de l’architecture, du design ou de la photographie. Le plus souvent, les sites que je conçois sont dépourvus d’image décoratives et d’éléments graphiques non fonctionnels. Cela me permet de rechercher un équilibre entre radicalité graphique et efficacité. Le contenu est mis en valeur et le ton de la création devient plus juste.</p>
<p>Il m’arrive aussi de travailler pour des clients plus frileux ; je m’efforce alors d’expliquer ma démarche même si cela ne servira pas pour le projet en question. N’est-ce pas le rôle du designer que d’impliquer un commanditaire dans un choix créatif, faisant ainsi tendre le projet vers un idéal ? Par exemple aujourd’hui, peu de clients sont intéressés par l’open source. S’ils connaissent le terme et les enjeux, il est toujours intéressant de leur présenter des applications concrètes, pointer les avantages dont ils vont pouvoir bénéficier et expliquer que l’open source n’est pas réservé aux développeurs.</p>
<h2>Comment et pourquoi les designers peuvent-ils bénéficier de l’open source ?</h2>
<p>Un designer est potentiellement un utilisateur de logiciels libres. Utiliser ces logiciels et signaler des idées ou des problèmes est une manière de contribuer à leur développement. Mais l’open source a constamment besoin de designers, c’est un terreau favorable pour l’innovation et pour l’inspiration comme j’en fais en ce moment l’expérience.</p>
<p>Il est du rôle d’un Web designer de s’interroger sur le libre, ses mécanismes et son avenir, parce que la profession de designer est basée sur la curiosité et l’ouverture. Aujourd’hui plus que jamais, l’open source a besoin de spécialistes de l’interface, de l’image et de la conception. Les portes sont grandes ouvertes.</p>
<ul>
<li><a href="http://www.raphaelbastide.com/">Travaux de Raphaël Bastide</a></li>
<li><a href="http://twitter.com/raphaelbastide/">@raphaelbastide sur Twitter</a></li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>/2011/07/01/web-design-et-processus-entretien-avec-raphael-bastide/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>12</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
